Je lis, je critique : Une Putain d’histoire

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Résumé personnel :

Cette « putain d’histoire » nous est racontée par Henry, un adolescent âgé de seize ans qui est élevé par deux mamans, maman Liv et maman France. Il a un meilleur ami, Charlie et deux autres amis, Kayla et Johnny. Enfin, Henry a également une petite amie, Naomi. Tous menaient une vie relativement calme et normale sur Glass Island, une île au large de Seattle jusqu’à la mort de Naomi qui semblerait avoir été assassinée. Dès lors, tout bascule pour Henry qui est déterminé à découvrir la vérité. Mais sur une île où tout le monde se connaît et où tout le monde a quelque chose à cacher, ce ne sera pas une sinécure.

Critique :

Je pensais être en terrain connu en lisant ce roman, l’auteur ayant écrit déjà trois romans qui ont fait mouche et pourtant, pour celui-ci, je me suis totalement fourvoyée… En bien, je vous rassure.

J’ai été tout d’abord, légèrement perdue parce que l’écriture à la première personne du singulier n’est pas commun dans ce genre, puis parce que le Commandant Servaz n’était pas là, nous n’étions plus en France et je dois reconnaître que les personnages que j’ai appris à connaître me manquaient. Finalement, j’ai compris qu’il s’agissait d’un hors-série et les pages ont commencé à défiler toutes seules. Je n’ai pas vu le pavé de 524 pages, j’étais bien trop happée par l’intrigue pour cela.

Jamais un livre n’aura aussi bien porté son nom. Tout réside avant tout dans la fin du roman, comme toujours avec Bernard Minier, elle sublime la totalité du livre et ne doit surtout pas être spoilée car cela gâcherait tout. Encore une fois, tout est dans les détails et on se fait facilement berner. Pour le coup, je ne l’ai pas vu venir, et jusqu’au bout, j’ai refusé d’y croire. Une Putain d’histoire va me hanter pendant un bon moment, c’est le moins que l’on puisse dire.

Le plus drôle, c’est qu’il y a quelques années, j’avais imaginé un thriller dans la même trempe mais je ne parvenais pas à trouver le moyen de le mettre par écrit, c’était une question qui m’a turlupinée pendant un bon moment sans parvenir à trouver une réponse. Bernard Minier y a répondu à la perfection. Bravo et merci !

Au-delà d’un coup de cœur, à la sortie de ma lecture je l’ai déclaré meilleur livre du monde. Maintenant, je suis certaine qu’il y a des petits défauts comme le début qui peut sembler long et déconcertant lorsque l’on cherche Servaz mais quand l’émotion est présente, il n’y a plus d’objectivité possible.

Je sais que je me répète mais je persiste, si vous aimez les thriller ou les romans policiers, lancez-vous, lisez du Bernard Minier ! Il est un incontournable et talentueux auteur.

Bonne lecture.


Michiko

Je lis, je critique : N’éteins pas la lumière

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Résumé personnel :

Lors du dernier tome, nous avons découvert que le sociopathe Julian Hirtmann avait kidnappé Marianne, la femme dont Servaz était tombé amoureux il y a des décennies et dont Servaz est retombé amoureux durant l’enquête sur la mort d’un professeur. Le roman se terminait à peu près ici. Si j’en parle maintenant, c’est pour préciser qu’en ce qui concerne la critique de ce tome-ci, je ne mentionnerai pas ces éléments, me concentrant sur le cœur du roman uniquement dans un but plutôt évident. N’éteins pas la lumière se concentre sur une jeune femme, Christine qui découvre une lettre de suicide le soir de noël. Le lendemain, un homme l’appelle à la radio où elle anime une émission et lui demande la raison pour laquelle elle l’a laissé mourir la femme de la lettre. Dès lors, sa vie va basculer sans qu’elle ne puisse contrôler quoi que ce soit. Parallèlement à cela, Servaz reçoit une boîte contenant la clé d’une chambre d’hôtel, la numéro 117. Coïncidence troublante, c’est dans cette chambre qu’une jeune artiste plasticienne s’est donné la mort un an plus tôt. Il n’en faut pas plus à Servaz pour mener sa petite enquête…

Critique :

Il s’agit du troisième tome de Bernard Minier. Pour résumer cette critique, rien de plus simple. Nous avons affaire à plus de six cents pages de pur plaisir que j’ai malheureusement dévorées en quatre jours, jouant les schizophrènes avec d’un côté la voix de la raison qui m’obligeait à aller dormir et de l’autre ma petite voix de chien battu suppliant la voix de la raison de lire encore un chapitre. Effrayant n’est-ce pas ?

Mais développons un peu ces propos. Ce troisième opus se concentre davantage sur Christine que sur Servaz et c’est sur elle que je vais me focaliser. D’abord, une petite parenthèse pour dire que j’ai bien aimé le parti pris de l’auteur qui a préféré se concentrer sur un personnage inconnu, et dont le récit s’est construit autour de lui, nous permettant de développer des sentiments que nous n’aurions pas pu rencontrer autrement.

Christine est animatrice dans une petite radio, elle a un chien, Iggy et un fiancé, Gérald mais ils ne vivent pas ensemble. Tout semblait aller bien avant que nous n’entrions dans sa vie au moment où celle-ci devient un véritable enfer. Dès l’instant où Christine reçoit cette lettre, c’est terminé, il n’y a plus aucune marche arrière possible, l’engrenage est en place. En toute sincérité, j’ai ressenti de l’horreur et de la peur au fil des pages, dans des proportions bien plus grandes par rapport aux précédents tomes. Lorsque je lis un roman, je me mets très souvent à la place du personnage central qui est ici la victime, Christine, et je me rassure en me disant qu’à sa place, je n’aurais pas fait les mêmes choix et par conséquent, dans mon esprit, je m’en sors. Là, je n’ai pas réussi. Même en sachant certaines choses qu’elle-même ignorait, je n’ai pas réussi à trouver un moyen de m’en sortir et j’ai compris qu’à sa place, j’en serais au même point. C’est un sentiment vraiment difficile à vivre quand nous nous rendons compte que nous subissons quelque chose sans pouvoir faire quoi que ce soit pour aller contre, lorsque nos décisions, quelles qu’elles soient, conduisent à l’échec. Et c’est ce que Christine a subi au fil des jours, regardant ainsi sa vie se détruire sans qu’elle ne puisse rien y changer.

L’histoire est donc effrayante mais j’ai tout de même cherché à comprendre qui pouvait mettre ainsi tout en œuvre pour détruire sa vie, pour quelle raison quelqu’un ferait-il cela ? Les indices laissés par l’auteur m’ont conduite à certaines suppositions et j’ai même trouvé un indice bien caché me permettant de trouver l’identité du coupable. Seulement voilà, Bernard Minier est excellent dans l’art de me faire douter, par conséquent, je n’ai pas réussi à me convaincre que j’avais raison. Résultat, plus j’avançais dans le roman, moins j’arrivais à deviner avec certitude qui était coupable. C’est bien simple, tout le monde pouvait être coupable ce qui ajoutait un peu plus à l’horreur parce qu’à la place de la victime, je n’aurais pas pu faire confiance à qui que ce soit, me retrouvant ainsi toute seule à affronter ce bourreau dévastateur et très intelligent !

Pour conclure, je vous avais déjà recommandé de découvrir les thrillers de Bernard Minier car j’avais adoré les précédents tomes et je maintiens mon engouement pour ces romans. N’éteins pas la lumière est à son tour un coup de cœur et Bernard Minier est un auteur à suivre !

Bonne lecture.

Michiko

 

Je lis, je critique : Le Cercle

Le Cercle

Résumé personnel :

C’est dans la ville de Marsac que Claire Diemar, jeune professeur de lettres, est retrouvée morte dans des conditions particulièrement horribles. Lorsque la police arrive, Hugo, un des étudiants de la victime est sur place. Il fait un coupable de premier choix, affaire classée. Mais lorsque Servaz est appelé par la mère du jeune homme, Marianne, fantôme de son passé d’étudiant, il se sent obligé d’intervenir afin d’être sûr que la police ne règle pas cela trop rapidement, oubliant peut-être des indices importants. En effet, ce meurtre signerait peut-être le retour d’un certain sérial killer…

Critique :

Difficile d’écrire une critique à propos d’un tel monument. Comment coucher sur papier les sentiments forts qui se sont révélés lors de cette lecture inoubliable ? Commençons par le commencement. Un grand merci aux Editions XO et au forum A&M pour ce partenariat, vraiment. Je suis ravie d’avoir eu en main la suite de Glacé , premier roman de Bernard Minier, auteur dont j’ai reconnu le talent dès la lecture de ce premier thriller. Ce second livre m’a confortée dans cet avis, je dirais qu’il a même dépassé mes attentes.

Quelques informations plus concrètes : Le Cercle  se concentre sur Servaz, notamment sur son passé ; je sais que certains lecteurs n’aiment pas beaucoup, mais j’ai trouvé que cela collait à l’ambiance et ne pouvait pas mieux tomber. Il n’y a rien à redire sur le style, les descriptions sont parfaites et les personnages sont toujours aussi complets. J’ai apprécié le souci du détail dans ces trois catégories. Malgré tout, j’ai repéré deux ou trois coquilles, mais cela ne gâche en rien la lecture.

Le retour de Julian Hirtmann (dans quelles proportions, je ne le dirai pas) m’a fait un peu peur. Je ne voulais pas que l’auteur tombe dans la facilité, l’intrigue se devait d’être complexe. Là encore, non seulement mes vœux ont été exaucés, mais cela a dépassé mes attentes et espérances. Vous en dire plus serait dévoiler l’intrigue, alors je me contenterai de dire une fois de plus que Bernard Minier a manié sa plume et ses personnages avec brio. En effet, il est impossible de découvrir la fin de l’histoire avant les dernières pages, l’auteur nous tenant en haleine jusqu’au bout. Cela devenait presque frustrant de se retrouver avec de nombreuses pièces de puzzles sans pour autant réussir à le reconstituer. Ce qui témoigne, là encore du travail remarquable de monsieur Minier. Les révélations sont stupéfiantes, conséquences directes d’une intrigue bien ficelée et maîtrisée par l’auteur jusqu’à la dernière ligne.

Si je devais faire un reproche, ce serait au niveau du squelette du roman, qui ressemble un peu au précédent, (je dis bien un peu). Cela ne permet pas de trouver le coupable ou le fin mot de l’histoire. Ce n’est pas grand-chose, mais cela m’a rappelé le tome précédent et mon inconscient a cherché ces similitudes. J’espère simplement que le troisième tome sera différent au niveau du squelette tout en restant aussi bon que les précédents. D’ailleurs, quelque chose me dit que ce futur opus sera radicalement différent, pour notre plus grand plaisir (inutile de préciser que je suis impatiente).

Je pourrais faire l’éloge de ce roman encore longtemps mais cela serait lassant et n’apporterait rien de plus. Pour conclure, je dirai que Le Cercle  confirme ce que je pensais de Bernard Minier concernant l’écriture de thrillers, il a un réel talent. Je l’ai trouvé mieux encore que Glacé , son tout premier roman. Bernard Minier ne cessera-t-il donc jamais de nous éblouir ? Cela promet une lecture des plus mémorables lorsque j’aurai la suite entre les mains. (Monsieur Minier, si vous ne souhaitez pas vivre un remake de Misery , il va falloir faire vite…)

Un petit mot pour les intermèdes : de l’or en barre, tout simplement. C’était glauque (peut-être difficile pour les lecteurs les plus sensibles), mais se retrouver ainsi de l’autre côté de la barrière cassait le rythme global du roman pour nous plonger un peu plus dans l’horreur. J’ai tout simplement a-do-ré cette idée.

Assurément un coup de cœur que je vous recommande fortement.

Bonne lecture.

Je lis, je critique : Glacé

Résumé personnel :

Nous sommes dans les Pyrénées, en décembre 2008, le commandant Servaz est appelé dans une petite ville pour une affaire très étrange, la plus étrange de sa carrière même. Il s’agit de la mort d’un cheval décapité et retrouvé à 2000 mètres d’altitude. Très vite d’autres faits tout aussi étranges et improbables compliquent l’enquête du commandant. En parallèle, nous avons Diane Berg, une jeune femme suisse qui prend le même jour son tout nouveau poste dans l’institut Wargnier pour parfaire sa formation de psychologue légale. L’institut est un hôpital psychiatrique inédit en Europe regroupant les pires psychopathes et sociopathes. Cet institut se trouve également non loin des scènes de crimes et de l’enquête…

Critique :

Glacé de Bernard Minier, est un thriller très intrigant, bourré de rebondissements. Un peu difficile au démarrage car il comporte une très voire trop grande quantité de détails, au tout début en tout cas. On ne peut rien imaginer tout est décrit dans les moindres détails comme si on regardait un film. Il n’y avait pas assez de place pour s’inventer soi-même un décor en se servant d’éléments de bases. L’auteur choisit dans quel plan regarder la scène, quels sont les décors exacts, il ne manquait plus que la musique de fond. Mais passé quelques pages ce point négatif s’atténue et disparaît dans certains cas comme au cœur de l’intrigue ou dans le feu de l’action.  C’est d’abord l’univers psychiatrique qui m’a attiré vers ce roman. Diane Berg ne prend pas beaucoup de place dans le livre mais j’ai adoré sa rencontre avec l’un des détenus, dans le cadre de son travail, ses réflexions concernant les pensionnaires par exemple. Une présence plus rare que celle de Martin Servaz mais vraiment enrichissante et intéressante.

Au niveau de l’intrigue proprement dite, on a tendance à se poser des questions, effectivement, on pourrait se demander pourquoi l’auteur a-t-il écrit un roman autour de la mort d’un cheval. Pourquoi faire « tout ça pour un cheval »? Ce qui nous rassure c’est qu’un des personnages, Martin Servaz pense la même chose que nous. On se dit alors que l’histoire ne s’arrêtera pas là ce qui est vrai. Plus on avance dans le roman plus l’énigme est complexe, l’enquête se corse au fil des pages, on se demande jusqu’où l’auteur va aller avant de tout doucement redescendre vers le dénouement. Ce que je peux vous dire c’est qu’il va très loin tout en gardant une cohérence et ce pour notre plus grand plaisir.

Tout de suite, on veut prendre part à l’enquête, émettre ses propres hypothèses, dire aux personnages qu’ils font fausses routes ou qu’au contraire, ils sont dans le vrai, d’après notre propre enquête. De plus, le suspense est conservé jusqu’au bout, l’auteur sait nous mettre sur des fausses pistes, il nous tend des pièges, nous offre ce qu’on veut avoir et nous indique ensuite qu’on se trompe. C’est frustrant mais ainsi on ne trouve pas tout avant les enquêteurs ce qui rendrait le livre, par conséquent, sans intérêt. Là, même avec presque toutes les pièces du puzzle, des tas de choses manquent, on reste vraiment très loin de la vérité.

Glacé est un très bon livre du genre, je pense qu’il ferait une très bonne adaptation cinématographique. Un grand bravo à l’auteur pour ses retournements de situations, ses montés d’adrénaline lors de certains passages, ses bouleversements et ce dénouement vraiment inattendu. Glacé vous fera frissonner.

Un grand merci aux XO Editions ainsi qu’au forum Accros & Mordus de Lecture pour ce partenariat.

Bonne lecture.