Je lis, je critique : Délivre-nous du mal

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Lu en 2015

A lire avant : Par le sang du Démon. Retrouvez ma critique ICI

Résumé personnel :

Nous avions laissé une héroïne torturée dans le corps d’un homme, un vampire, qui a tenté de trouver la rédemption mais qui a été, une fois de plus, trahi. Le voilà alors reclus, sur un trône qui n’est pas le sien,cherchant à tout oublier, allant jusqu’à s’oublier lui-même. Et ppourtant longtemps après, des pas se font entendre dans sa demeure. Qui ose troubler son repos ? Est-ce un ami ? Un ennemi ? Ou bien un imbécile qui ignore qu’il risque fortement de mourir dans d’atroces souffrances…

Critique :

Nous revoilà aux côtés d’un personnage qui aurait besoin d’une bonne thérapie pour affronter ses problèmes et pour les résoudre. Il s’agit d’un vampire qui commet des actes que l’on peut qualifier d’ignobles et pourtant, je ne peux m’empêcher d’éprouver de la compassion pour lui ou elle. En eeffet on a un personnage qui ne cesse de subir, même quand il cherche à devenir maître de son propre destin. Le mot « injustice » résonnait fortement dans ma tête lorsque je parcourait les pages de ce roman. C’était d ailleurs assez étrange de ressentir de la compassion pour un être capable de tant de cruauté. Cependant, les personnages secondaires n’étaient pas en reste de ce côté-ci, à croire que la bonté est absente de ce roman.

Ce qui m’a le plus perturbée dans ce roman est l’acceptation de choix immoraux et la condamnation d’autres sans aucune logique. J’ignore si c’était lié à la narration à la première personne mais je ne me suis pas sentie offusquée par des actes horribles et barbares des la part du personnage principal tandis que je l’ai été pour des personnages secondaires qui ont, en définitive, fait des choses condamnables, certes, mais non plus monstrueux. Cependant, il est vrai que la frontière entre le Bien et le Mal est difficile à cerner dans ce roman puisque le Bien est quasiment absent.

Enfin, contrairement au premier tome dont la fin nous empêchait d’imaginer une suite, ce deuxième volume laisse envisager de nombreuses situations à venir, y compris des scènes comiques que j’ai hâte de découvrir.

Bonne lecture.

Michiko

Je lis, je critique : Par le sang du démon

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Lu en 2015

Résumé personnel :

Nous suivons une jeune fille paysanne dans un Moyen Âge du XV ème siècle. Cette jeune personne a la particularité d’avoir un physique très avantageux et une érudition qui ne convient ni à une personne de son rang et encore moins à une personne de son sexe. Néanmoins, elle demeure l’amie d’un homme voué à l’occultisme qui se chargera de la former. Amoureuse, bien qu’en secret, de son frère adoptif, l’héroïne nous raconte son histoire tragique liée étroitement au monde de la nuit, qui la conduira à un funeste destin.

Critique :

Le moins que l’on puisse dire de ce roman est qu’il sort de l’ordinaire, tout du moins de mes lectures habituelles. En effet, nous abordons, certes des thèmes classiques comme le vampire et la malédiction qui est liée aux vampires mais ces thèmes sont abordés d’une manière moins conventionnelle. Le roman est très sombre et ne semble pas chercher à apporter la moindre touche positive.

Les actes de chaque personnage ont des conséquences souvent terribles, et, pour l’héroïne, il s’agit d’une parfaite descente aux enfers. Chaque choix  qu’elle fait semble l’entraîner plus loin dans l’obscurité et la souffrance . Mais peut-on obtenir la rédemption lorsque l’on est destiné aux ténèbres ?

Cela peut sembler hors de propos mais si l’auteure est une femme qui a publié son roman à 22 ans, ne vous attendez surtout pas à une lecture simple ou « toute gentille ». L’auteure ne ménage pas ses personnages et se refuse à être tendre avec eux. Certains passages sont d’ailleurs très glauques et, dans l’ensemble, le ton est très noir.

L’écriture à la première personne est une réussite puisque l’empathie est présente tout au long de la lecture. Le personnage principal n’est pas parfait et pourtant, cela est agréable de suivre un personnage aussi complexe, à la fois mauvais, comme s’il jouait un rôle, et bon, ce qui serait sa véritable nature.

Ainsi, la dualité du personnage de même que sa crise identitaire sont toutes deux délicieuses et s’accordent parfaitement avec le ton et l’ambiance du roman. C’est donc un début très prometteur que je vous recommande.

Bonne lecture.

Michiko

Je lis, je critique : Mutante

Mutante

Résumé personnel :

Syrine a seize ans et réside à Marseille où elle mène une vie normale, à un détail près. Depuis bientôt un an maintenant, elle a des excroissances douloureuses dans le dos. Ces excroissances sont accompagnées de cauchemars effrayants ainsi que d’une faim étrange. Mais au lieu de parler de tout ceci à ses parents pour trouver une solution à ses problèmes, Syrine décide de ne rien dire, ni à sa famille, ni à ses amis et préfère affronter la situation seule. Son comportement change radicalement et Syrine doit affronter cette nouvelle personnalité aux pulsions sanguinaires qui l’envahit tout en subissant ses excroissances qui attirent le regard des autres ainsi que des douleurs qui deviennent de plus en plus violentes, surtout si on les touche. La quatrième de couverture va plus loin que ça mais je préfère éviter d’en dire plus car la première partie du roman est concentrée principalement sur la vie de Syrine à Marseille et il serait dommage de détailler la suite.

Critique :

Ce roman est le premier tome d’une trilogie écrite par Sophie Dabat, Le Sang des Chimères, qui est publiée chez les Editions du Riez. C’est la première série « bit-lit » publiée chez eux et c’est avant tout ce qui m’a intriguée et m’a poussée à en savoir davantage. Il est à noter que l’illustration a été réalisée par Alexandra V. Bach dont j’apprécie beaucoup le travail.

Plusieurs points ont attiré mon attention, à commencer par l’héroïne de la série, Syrine Kaharib. Ce doit être la première fois que je lis un roman où le personnage principal possède des origines maghrébines. Certes, sa mère est catholique mais son père a quitté le Maroc et est de religion musulmane. Je le mentionne parce que c’est quelque chose d’assez inédit pour moi et très franchement, j’ai trouvé cela très intéressant car c’était une porte ouverte sur un univers réel mais dont j’ignore beaucoup de choses. J’ai bien aimé les références à cette culture grâce aux surnoms ou à la vision de Syrine face à ce métissage. Ses frères ont choisi la religion de leur père mais sa vision à elle reste différente de la leur, même si elle se pose beaucoup de questions à propos de ses croyances, surtout avec ce qu’elle vit en parallèle.

Un autre point qui a attiré mon attention, c’est le parti pris de l’auteur vis à vis du fantastique. Les particularités hors du commun de Syrine ne sont pas une fin en soit mais le début d’un long processus qui va amener Syrine à devenir une personne très différente de ce qu’elle était avant ce récit. L’explication physique de ses excroissances m’ont paru évidentes et pourtant, l’auteur a montré une forme d’originalité car notre vision du monde tel qu’il est réellement dans le roman et son univers se modifie en même temps que celle de l’héroïne. D’ordinaire, l’univers fantastique nous est imposé avec toutes ses règles que nous apprenons au fur et à mesure et les personnes non cartésiennes sont comme elles sont et cela ne pose aucun problème à notre logique qui accepte tout sans aucun problème.

Ici, c’est radicalement différent et bizarrement, cela renforce le côté réaliste du roman malgré l’univers fantastique dans lequel nous sommes plongés. C’est-à-dire que ce qui arrive à Syrine, la manière dont elle le vit, tout ceci reflète plus ou moins nos propres réactions si nous étions à sa place. Lecteurs avertis, nous devinons et acceptons les dimensions fantastiques du roman mais le personnage n’a aucunement cette intention là car il vit dans le monde réel. J’ai déjà vu ce procédé dans d’autres romans mais ici, je le trouve particulièrement important et bien fait, sans doute grâce aux aspects très négatifs de ses transformation, à savoir ses douleurs etc.

En résumé, le scénario du roman rappellera sans doute d’autres œuvres lues ou vues mais dans cet univers où l’originalité et l’inédit devient difficile voire impossible pour un auteur qui décide de respecter certains codes du genre, Sophie Dabat parvient à nous apporter un regard neuf sur l’univers ainsi que de nombreux aspects inédits dans le roman. Mutante n’est pas un coup de cœur mais reste un excellent roman que je vous recommande.

Bonne lecture.

Michiko

 

Je lis, je critique : Un autre

Résumé personnel :

Samuel Marx est un homme ordinaire qui a fait de mauvais choix. Sa femme l’a quitté, elle est partie avec sa fille. Lui est couvert de dettes depuis son divorce et son ardoise a été rachetée par Joseph Basso dont la réputation de mafieux n’est plus à faire. Ce dernier envoie d’ailleurs deux de ses hommes chercher Sam, au beau milieu de la nuit, chez lui. Enfermé dans un placard à balais, dans un lieu inconnu, Sam parvient tout de même à s’enfuir, volant au passage la Mercedes flambant neuve du mafieux. Il arrive dans un village où il s’arrête à cause d’une affreuse migraine. C’est là que débute le véritable calvaire de Sam. Pourquoi le pompiste l’appelle Vince ? Pourquoi cette jeune femme, Ana, l’embrasse avec tendresse comme s’il s’agissait de son mari ? Sam n’y comprend rien, était-il fou ? Ou bien y a-t-il une autre raison, plus incroyable encore ? La quête de la vérité est très difficile mais elle sera nécessaire pour sa survie.

Critique :

Mon avis concernant ce livre est partagé. L’histoire est bien menée, le style de l’auteur est intéressante mais l’ambiance de l’histoire était très étouffante, difficile de lire certains passages décrits dans les moindres détails comme la scène dans la boîte échangiste sadomasochiste ou bien les viols. Les scènes de sexes ne sont en aucun cas érotiques, cela frôle la pornographie. Tout cela ne me semblait pas nécessaire et m’a parfois écœuré mais c’est là ce que recherchait l’auteur. Il a réussi. Ce livre est vraiment très noir, il aurait pu faire un très bon film du genre. Je préconise d’ailleurs un public averti pour lire ce roman.

L’auteur a su nous tenir en haleine jusqu’au bout, pas un seul moment de répits ne nous était accordé ce que j’apprécie beaucoup chez un auteur. A certains passages, on devinait aisément ce qui allait suivre mais cela ne gênait en rien le plaisir de la lecture, au contraire, cela accentuait notre horreur quand, impuissant, on regardait le personnage se diriger tout droit vers un destin qu’on aurait préféré lui éviter. La fin de l’histoire ne m’a pas déçue, elle colle bien au déroulement de l’histoire même si j’aurai souhaité qu’elle soit différente vis-à-vis de certains personnages.

Parlons des personnages. Tous les personnages, même les plus noirs d’entre eux, sont attachants. Certains ont accomplis des actes horribles par Amour, d’autres ont eu un passé qui nous permet de leur pardonner. Samuel Marx est quant à lui quelqu’un de bien et pourtant il se retrouve mêlé presque malgré lui à une histoire abracadabrante. Mario est le bras droit de Joseph Basso c’est vrai et pourtant l’auteur nous fait l’apprécier de part son histoire et sa personnalité. Je pourrais faire la liste de tous les personnages mais je m’arrêterai avec Ana, la femme de Vincent Favale. Je me suis identifiée au personnage et j’ai eu beaucoup de peine pour elle, cette femme forte et prête à tout pour son mari, l’unique Amour de sa vie. Je n’ai pu m’empêcher de pleurer à la fin du roman, avant tout à cause d’elle et de tout ce qu’elle a traversé.

Vraiment, ce livre vous prend aux tripes, et malgré des passages particulièrement horribles et crus, malgré une ambiance étouffante et difficile, il faut le lire, en tous cas au moins pour les amateurs du genre. On ne sait pas à quoi s’attendre lorsqu’on lit un livre, surtout que la quatrième de couverture ne nous prévient pas de tout ce qu’il va se passer. Mais je ne suis pas déçue de ce psychodrame, bien au contraire. Aucun doute, je n’oublierai jamais cette histoire palpitante.

Je remercie les Éditions du Riez ainsi que le forum Accros & Mordus de Lecture pour ce partenariat.

Bonne lecture.