Je lis, je critique : Mutante

Mutante

Résumé personnel :

Syrine a seize ans et réside à Marseille où elle mène une vie normale, à un détail près. Depuis bientôt un an maintenant, elle a des excroissances douloureuses dans le dos. Ces excroissances sont accompagnées de cauchemars effrayants ainsi que d’une faim étrange. Mais au lieu de parler de tout ceci à ses parents pour trouver une solution à ses problèmes, Syrine décide de ne rien dire, ni à sa famille, ni à ses amis et préfère affronter la situation seule. Son comportement change radicalement et Syrine doit affronter cette nouvelle personnalité aux pulsions sanguinaires qui l’envahit tout en subissant ses excroissances qui attirent le regard des autres ainsi que des douleurs qui deviennent de plus en plus violentes, surtout si on les touche. La quatrième de couverture va plus loin que ça mais je préfère éviter d’en dire plus car la première partie du roman est concentrée principalement sur la vie de Syrine à Marseille et il serait dommage de détailler la suite.

Critique :

Ce roman est le premier tome d’une trilogie écrite par Sophie Dabat, Le Sang des Chimères, qui est publiée chez les Editions du Riez. C’est la première série « bit-lit » publiée chez eux et c’est avant tout ce qui m’a intriguée et m’a poussée à en savoir davantage. Il est à noter que l’illustration a été réalisée par Alexandra V. Bach dont j’apprécie beaucoup le travail.

Plusieurs points ont attiré mon attention, à commencer par l’héroïne de la série, Syrine Kaharib. Ce doit être la première fois que je lis un roman où le personnage principal possède des origines maghrébines. Certes, sa mère est catholique mais son père a quitté le Maroc et est de religion musulmane. Je le mentionne parce que c’est quelque chose d’assez inédit pour moi et très franchement, j’ai trouvé cela très intéressant car c’était une porte ouverte sur un univers réel mais dont j’ignore beaucoup de choses. J’ai bien aimé les références à cette culture grâce aux surnoms ou à la vision de Syrine face à ce métissage. Ses frères ont choisi la religion de leur père mais sa vision à elle reste différente de la leur, même si elle se pose beaucoup de questions à propos de ses croyances, surtout avec ce qu’elle vit en parallèle.

Un autre point qui a attiré mon attention, c’est le parti pris de l’auteur vis à vis du fantastique. Les particularités hors du commun de Syrine ne sont pas une fin en soit mais le début d’un long processus qui va amener Syrine à devenir une personne très différente de ce qu’elle était avant ce récit. L’explication physique de ses excroissances m’ont paru évidentes et pourtant, l’auteur a montré une forme d’originalité car notre vision du monde tel qu’il est réellement dans le roman et son univers se modifie en même temps que celle de l’héroïne. D’ordinaire, l’univers fantastique nous est imposé avec toutes ses règles que nous apprenons au fur et à mesure et les personnes non cartésiennes sont comme elles sont et cela ne pose aucun problème à notre logique qui accepte tout sans aucun problème.

Ici, c’est radicalement différent et bizarrement, cela renforce le côté réaliste du roman malgré l’univers fantastique dans lequel nous sommes plongés. C’est-à-dire que ce qui arrive à Syrine, la manière dont elle le vit, tout ceci reflète plus ou moins nos propres réactions si nous étions à sa place. Lecteurs avertis, nous devinons et acceptons les dimensions fantastiques du roman mais le personnage n’a aucunement cette intention là car il vit dans le monde réel. J’ai déjà vu ce procédé dans d’autres romans mais ici, je le trouve particulièrement important et bien fait, sans doute grâce aux aspects très négatifs de ses transformation, à savoir ses douleurs etc.

En résumé, le scénario du roman rappellera sans doute d’autres œuvres lues ou vues mais dans cet univers où l’originalité et l’inédit devient difficile voire impossible pour un auteur qui décide de respecter certains codes du genre, Sophie Dabat parvient à nous apporter un regard neuf sur l’univers ainsi que de nombreux aspects inédits dans le roman. Mutante n’est pas un coup de cœur mais reste un excellent roman que je vous recommande.

Bonne lecture.

Michiko

 

Je lis, je critique : Sur les Dents

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Résumé personnel :

Maeve Regan quitte enfin le château de son père avec la conviction que celui-ci est toujours en vie. Cela signifie que non seulement tout est à refaire mais qu’en plus, l’existence du traître parmi les rangs est toujours d’actualité. C’est donc en huis-clos haletant dans la tête de Maeve que tout va se jouer puisqu’elle ne pourra pas véritablement se confier aux autres. Elle devra donc se montrer plus intelligente et plus rusée que son père, à défaut de finir plus maléfique que lui, si elle veut le prendre à son propre jeu et ainsi mettre un terme au règne du roi de l’illusion. Car cette fois-ci, elle sera l’illusion.

Critique :

Nous y voilà, il s’agit du dernier tome qui clôt la série. Et bien entendu, il est fidèle aux autres romans de la série, c’est-à-dire que là encore, les rebondissements sont présents et permettent au roman de garder le lecteur accroché aux pages. Car s’il y a un seul bémol dans ce dernier opus, il concerne l’histoire qui peut sembler un peu longue et nous amène à croire que l’on tourne en rond au fil des pages. Cela s’explique par l’histoire en elle-même puisque Maeve se retrouve toute seule, du moins, elle ne peut s’ouvrir aux autres donc le roman est fortement renfermé sur elle.

Quoi qu’il en soit, notre Maeve a bien évolué au fil des tomes et si, dans le premier, on pouvait la détester, ce qui n’a pas été mon cas, ce n’est plus le cas ici. En effet, place à l’empathie qui était déjà là dans l’épisode précédent mais qui revient en force ici. Malgré son ingéniosité, notre héroïne doit constamment encaisser les échecs. Les révélations sont autant de coups durs pour elle et les événements qui se succèdent, des pics d’adrénaline pour nous.

Encore une fois, on peut reprocher quelques longueurs mais elles sont inévitables malheureusement, ceci dit, elles ne gâchent pas non plus la lecture. D’autant que cela ne dure pas puisqu’à la fin, tout s’accélère. D’ailleurs, ces longueurs, qui correspondent aux réflexions de Maeve qui cogite sans relâche pour battre son père à son propre jeu, permettent de développer de l’empathie pour le personnage. Personnage qui, comme si ce n’était pas déjà suffisamment difficile pour lui, doit composer avec Trevor et Lukas.

Ce dernier tome était particulièrement difficile, sombre et je ne vous cacherai pas que j’ai versé ma petite larme à la fin en criant à l’injustice à cause de certains choix qui n’étaient plus les miens, (je vous avais expliqué que j’aimais être en symbiose avec le personnage principal, surtout lorsque le roman est écrit à la première personne). Je ne blâme pas les choix scénaristiques de l’auteur (je sais que certaines personnes l’ont fait) mais bien les choix du personnage (ce qui est tout à fait différent). En réalité, je ne les blâme pas réellement, disons que j’ai refusé de les accepter. En effet, avec du recul, je dois reconnaître qu’elle avait raison de faire les choix qu’elle a faits (je suis désolée d’avoir perdu les lecteurs qui n’ont pas encore lu cet opus, je m’arrête ici, promis).

J’en profite aussi pour mentionner le petit mot de l’auteur à la fin du roman qui a fini de m’achever, une phrase en particulier (que je ne peux pas mentionner ici malheureusement).

Pour terminer, je tiens simplement à dire que cette série est une série coup de cœur, une série riche en émotions, une série que je vous recommande. Vraiment, Marika Gallman, merci pour cette très belle histoire et à une prochaine fois j’espère.

Bonne lecture.

Michiko

 

Je lis, je critique : A Pleines Dents

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Résumé personnel :

C’est fini… Victor, maléfique roi de l’illusion et des Vampires et accessoirement père de Maeve Regan est mort. Danse de la joie ? Eh bien pas vraiment puisque Maeve se retrouve prisonnière du château de feu son père par nul autre que son frère jumeau, Connor, qui est bien décidé à reprendre les rennes. Et bien entendu, c’est en se servant de sa sœur qu’il cherche à prendre le contrôle du royaume. Et comme si tout cela n’était pas suffisant, voilà que Benoxh a retiré tous ses pouvoirs à notre héroïne qui se retrouve totalement seule pour affronter ce nouveau périple.

Critique :

Décidément, je me répète mais j’adore cette série ! Dans les sagas de ce genre, le fil rouge reste bien souvent en retrait derrière de grosses enquêtes mais ici, c’est différent, il constitue l’intrigue principale, ce qui permet d’approfondir beaucoup de choses ce qui rend donc cette saga des plus intéressantes.

Il ne reste plus qu’un tome à lire, malheureusement mais au vu des rebondissements de celui-ci, autant vous dire que j’ai hâte de connaître la fin de cette série palpitante ! Je dois reconnaître que cela m’effraie un peu puisque cela signifie que je vais me retrouver en DPST (Dépression Post Saga Terminée), ce qui n’est jamais bon, évidemment.

Revenons à nos moutons en parlant de Maeve et du triangle amoureux qui est en train de se tisser. Alors je ne dirai rien et ne donnerai pas de détails mais je dois avouer que je reste très perplexe face à tout cela. Parce que bon, on peut avoir un coup de cœur déraisonné sans pouvoir le justifier véritablement, bien au contraire et en même temps, on peut également apprécier une personne pour ce qu’elle est, parce que c’est une personne bien mais sans pour autant avoir le cœur qui tambourine comme un forcené en sa présence. Et c’est exactement ce que je ressens, à moindre échelle bien sûr. Du coup, j’ignore ce que fera Maeve Regan mais je dois admettre que dans tous les cas, ça n’ira pas et du coup, cette situation m’agace dans le sens où je n’aimerais pas être à sa place, (je préfère préciser qu’à aucun moment je n’attaque l’auteur, juste la situation qui n’est pas terrible pour l’héroïne).

Je rebondis justement là-dessus pour dire que c’est bien ce qui fait la force du roman et donc de la série. Rien n’est réellement facile ou évident et rien n’est ce qu’il semble être (en même temps, avec un personnage roi de l’illusion, il ne fallait pas s’attendre à moins), tout n’est qu’illusion. Encore une fois, je salue l’auteur qui a su nous apporter une fabuleuse histoire qui va malheureusement se terminer au prochain épisode.

Bonne lecture.

Michiko

 

Je lis, je critique : La Dent Longue

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Résumé personnel :

Maeve Regan est persuadée qu’il y a un traître dans ses rangs ce qui n’est pas une sinécure puisqu’elle doit constituer son armée pour lutter contre celle de Victor, son père qui souhaite la tuer afin de lui voler ses pouvoirs. Et comme si ce n’était pas déjà assez difficile comme cela avec Connor, son frère qui s’acharne à lui mettre des bâtons dans les roues, Maeve est hantée par le fantôme de son ancien amant, Lukas.

Critique :

Alors là, je vais enfin pouvoir dire ce que je n’ai pas pu dire lors de la critique précédente puisque si vous êtes ici, c’est que vous avez lu le deuxième tome. Ce que je voulais dire, c’est qu’à la fin du deuxième tome, autant vous dire que j’ai pleuré en apprenant ça. Je dois reconnaître que je n’ai pas voulu y croire, j’étais dans le déni complet, persuadée que dès le début de ce tome on apprendrait qu’en fait tout allait bien et qu’en fait il y a un truc qui a fait qu’il est pas mort etc. Eh bien inutile de vous dire que Marika Gallman ne ménage pas mon petit cœur de lectrice. Du coup, c’est une Maeve bien différente que l’on va retrouver dans ce troisième tome. Elle n’est pas brisée contrairement à ce que l’on pourrait croire mais elle a bien souffert et j’ai eu beaucoup de peine pour elle. Alors que nous n’en sommes qu’au troisième tome, inutile de vous dire que j’ai eu peur pour elle.

Vous l’aurez compris, ce troisième opus est un peu plus centré sur Maeve et ses démons intérieurs, sur ses questions et ses raisonnements sur la situation qui l’entoure mais les retournements de situations sont bien nombreux et permettent au roman de garder un rythme agréable à suivre. A partir du moment où Maeve pense qu’il existe un traître parmi eux, elle ne peut plus se permettre d’accorder sa confiance à n’importe qui, ce qui la rend bien seule et évite d’approfondir un peu plus les autres personnages. Mais c’est un choix logique qui ne porte aucun préjudice au roman.

Et pourtant, Marika Gallman réussit à apporter un peu plus de précisions et d’informations sur les personnages avec certaines « révélations » sur certains d’entre eux. Je dois reconnaître que j’avais compris certaines choses par moi-même avant Maeve mais j’ai été également surprise par certaines informations et c’était vraiment sympa !

J’adore de plus en plus cette série même si mon cerveau bouillonne à chaque fois que je me plonge dans ce roman. D’ailleurs, une fois le tome terminé, il est encore plus difficile de se retenir de lire la suite, et cette sensation est pire qu’avec le tome précédent. En même temps, avec un tel final ! Je ne peux rien vous dire, bien sûr, mais c’est difficile de tenir sa langue. J’ai été envahie par des émotions différentes, alternant tension, excitation, peine… Bref, une vraie bombe !

Bonne lecture.

Michiko

 

Je lis, je critique : Dent pour dent

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Résumé personnel :

Simuler sa mort a poussé Maeve à s’éloigner de tous ceux qu’elle aime, à commencer par sa famille, sans compter Lukas. Et même si elle a fait cela dans l’unique but de les protéger, ce n’est pas facile tous les jours de le supporter. Cependant elle reste bien décidée à en finir une bonne fois pour toutes avec son frère, le vampire psychopathe responsable de la mort de Tara et avec son père, le roi de l’illusion qui règne en maître sur le monde surnaturelle. Pour cela, elle devra utiliser des pouvoirs qu’elle ne maîtrise pas encore…

Critique :

Nous voici donc avec le deuxième tome de la saga qui en compte cinq. Il est difficile de faire une critique détaillée sans trop en dévoiler et surtout lorsque l’on a déjà tout dit dans le premier, en ce qui concerne le style d’écriture et sa manière de monter son roman qui sont toujours aussi bien. Je vous avais dit que j’avais mis du temps pour me plonger dans le premier tome parce que ce n’était pas le moment à cause des cours et je confirme ce que je pensais en lisant le premier tome, c’est une véritable petite merveille et j’ai adoré en savourer chacune des pages. Nous sommes donc bien partis pour avoir là une série coup de cœur !

Je suis toujours étonnée du réalisme et de la profondeur des personnages jusque dans leurs relations car ce n’est pas toujours évident de parler des autres protagonistes alors que nous avons déjà Maeve qui prend beaucoup de place. J’ai apprécié Maeve du premier coup malgré ses nombreux défauts. Peut-être que je n’aurais pas pu la supporter dans la réalité mais la suivre dans son aventure ne m’a posé aucun problème. De plus, elle a bien évolué et ces changements la rendent encore plus agréable à suivre. Et là, j’ai essuyé ses échecs et les coups durs qu’elle a pu recevoir et j’ai eu l’impression de ne faire qu’un avec ce personnage principal et c’est avant tout ce que je recherche.

Concernant les autres personnages, Marika Gallman nous apporte une belle brochette de nouveaux personnages qui sont, pour la majorité d’entre eux, très attachants et avec une super personnalité. Je ne peux malheureusement pas m’attarder sur eux au risque d’en dévoiler un peu trop mais sachez qu’ils sont très bien dépeints et l’intérêt est qu’ils sont uniques en leur genre, c’est-à-dire que chaque personnage n’est pas un bis ou une copie presque parfaite d’un autre personnage. Par contre, j’ai été assez fière de moi quand j’ai découvert avant Maeve un fait/secret sur l’un d’eux !

En ce qui concerne Maeve et les autres, eh bien je vous avais parlé du réalisme et de la logique qui les lient, ce qui rend le roman excellent, quitte à ce que ça fasse mal à mon petit cœur d’artichaut mais bon, tant pis… Là encore, difficile d’en dire plus mais ceux qui l’ont lu comprendront aisément de quoi je veux parler.

Par contre, la fin… Mais quelle fin ! Inutile de vous dire que vous allez vous ruer sur le troisième tome dès la fin de celui-ci… Après des moments qui ont eu raison de mon cœur d’arachnophobe, impossible de m’arrêter à la fin du livre… La suite ! La suite !

Bonne lecture.

Michiko

 

Je lis, je critique : Le Papillon des abîmes

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Résumé personnel :

Peggy Sue est envoyée chez sa grand-mère qui semblerait tout aussi bizarre qu’elle. Un moyen pas très sympathique pour la famille de Peggy Sue de se débarrasser d’elle. Mais cette retraite forcée réserve bien plus de surprises que prévu… Heureusement, le chien bleu est toujours là, ainsi qu’un certain sac de sable des plus attachants…

Critique :

Dans ce troisième tome, on bascule totalement dans le non sens à la manière d’Alice au Pays des Merveilles. D’ailleurs, on y retrouvera le thème de la chute. Dans ce tome, les scènes crues me semblent moins présentes mais je dois reconnaître que l’anthropophagie reste un aspect récurrent de la littérature de Serge Brussolo, du moins, en ce qui concerne les Peggy Sue et les fantômes.

Pour ce qui est du genre, avec un côté non sens, on passe de la littérature fantastique à la fantasy tout en ajoutant un soupçon de science-fiction. Je dois reconnaître que je le trouve assez difficile à placer dans une case, mais c’est ce que j’apprécie dans cette série. Tout est possible et en même temps, nous gardons une certaine forme de cohérence dans l’absurde. Vous avez compris ? Pas évident je l’admets…

Sinon, j’apprécie toujours autant cette redécouverte, je suis toujours aussi fan de l’humour de l’auteur ainsi que du chien bleu qui a un caractère de… de chien mais qui reste génial ! Ils forment un super duo avec Peggy Sue et je trouve cela plus intéressant qu’un duo entre deux humains. Sans doute parce que la relation qu’ils peuvent entretenir ne peut pas prendre beaucoup de chemins différents…

L’intérêt flagrant de ce tome, c’est qu’il marque une rupture avec la suite des romans Peggy Sue et les fantômes. En fin de compte, on pourrait d’arrêter là et il me semble que plus jeune, je pensais qu’il s’agissait d’une trilogie avant de découvrir qu’il existait une suite, actuellement, elle comporte dix tomes de plus. J’ai poursuivi la série mais je ne suis pas allée jusqu’au bout et j’espère terminer ce périple cette année, avec vous, j’espère.

Bonne lecture.

 

Je lis, je critique : Le Sommeil du démon

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Résumé personnel :

Nous retrouvons nos deux héros, Peggy Sue et le chien bleu, dans un aérodrome perdu au beau milieu d’un désert. C’est dans ce lieu des plus sordides que la famille de Peggy Sue a décidé de s’installer, pour le travail de son père et ce, malgré les conseils d’un vieil habitant du village voisin qui leur demande de quitter les lieux car ils sont en danger de mort. En effet, ce désert est dangereux car il renferme des mirages destinés à attirer les voyageurs égarés vers une autre dimension…

Critique :

Serge Brussolo va encore plus loin dans le bizarre et le fantastique sans pour autant perdre en cohérence. J’ai été ravie de retrouver le chien bleu dont la psychologie s’étoffe de plus en plus et bien sûr, Peggy Sue, qui est toujours aussi attachante et agréable. Serge Brussolo aurait pu se servir des quatorze ans de l’adolescente pour la rendre plus rebelle et pourtant, malgré les coups durs qui pleuvent sur elle, Peggy Sur reste serviable, sans pour autant nous agacer en nous submergeant d’un surplus de gentillesse. Je la vois plutôt comme un roc, un personnage doté d’un moral et d’un caractère d’acier. Je l’adore, tout simplement !

C’est également dans ce tome que l’on découvre un nouveau personnage important. Cependant, puisqu’il s’agit ici d’une relecture et que j’en sais beaucoup plus à son sujet, j’ai eu énormément de mal à me détacher de ces informations pour pouvoir le juger correctement ici. J’ai vu son évolution et sa personnalité différemment au fil de ce tome par rapport à un primo lecteur donc je ne peux rien en dire sans trop en dévoiler.

Un autre thème que j’apprécie chez cet auteur, c’est au niveau des différences garçon/fille où, très souvent, les garçons ont tendance à se comporter comme leur archétype, foncer tête baissée sans réfléchir, jouer à qui pisse le plus loin etc. ce qui les fait tourner en dérision et favorise le personnage principal tout en apportant une touche d’humour. Cela permet de montrer que les filles peuvent être de véritables héroïnes sans pour autant rentrer dans la caricature que l’on peut faire des filles.

Ainsi, l’auteur s’adapte à un lectorat mixte et surtout, cela change de ce que j’ai pu lire étant plus jeune, même si actuellement avec la bit-lit cette tendance change concernant mes lectures personnelles.

En résumé, une très bonne suite qui me conforte dans l’idée de relire ces tomes.

Bonne lecture.

 

Je lis, je critique : Rage de dents

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Résumé personnel :

Rage de dents est un premier tome dans lequel nous découvrons Maeve Regan, une étudiante à la fac qui vit sa vie au jour le jour, fréquentant les bars, les hommes et les cours selon ses envies. Elle vit chez son grand-père depuis la mort de ses parents, peu après sa naissance, il y a vingt ans environ. Elle est très proche d’Elliot, son ami d’enfance et de Brianne, sa meilleure amie qui essaye toujours de lui trouver un copain alors que ses propres fréquentations sont plus que douteuses. Il s’agit donc d’une étudiante lambda au premier abord, mais Maeve a un tempérament de feu qui fait tourner son entourage en bourrique. Et encore si seulement il n’y avait que ça… En effet, Maeve fait des rêves très étranges et particulièrement gores depuis quelques temps qui accentuent son tempérament colérique et bagarreur mais ce n’est pas tout. En effet, il se trouve qu’un vampire très sexy et avec qui elle a failli coucher, a décidé de la kidnapper dans le but de s’en servir de monnaie d’échange pour tuer un type qui est censé être déjà mort, entraînant ainsi Maeve dans un monde sombre dont elle ignorait jusqu’à son existence.

Critique :

Maeve est un petit brin de femme hyperactive qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Je dois reconnaître que c’était très agréable de la suivre, même si elle est, par moment, très grossière. Cependant, je ne lui jetterai pas la pierre de ce côté-là car le genre du roman et la personnalité de l’héroïne me poussent à trouver cela logique. De plus, je me suis beaucoup identifiée à elle et cela est toujours un point positif pour moi.

J’ai eu un peu de mal à démarrer le livre à cause de mes cours à la fac, mais une fois l’action lancée pour de bon, impossible de m’arrêter avant d’avoir terminé le livre. J’étais vraiment ravie du chemin emprunté par l’héroïne et de l’univers dans lequel l’auteur nous plongeait. Nous restons dans un schéma assez classique qui m’a rappelé certains autres livres du genre mais étrangement, cela ne m’a absolument pas dérangée, peut-être grâce à la plume de l’auteur qui parvient à s’effacer au profit de son personnage principal qui « écrit » le roman à sa place. Cela rend le livre très prenant et surtout, très addictif.

J’étais assez surprise par chemin scénaristique emprunté dans le roman et ce, malgré l’univers et la quatrième de couverture. J’ai donc été surprise et tant mieux, cependant, il m’est difficile de m’étaler sur le sujet sans vous dévoiler trop d’informations. Je n’ai pas été la seule à trouver des similitudes avec un autre roman, malgré cela, j’ai été envahie par l’histoire, ses personnages, le dénouement du roman, et j’ai d’autant plus apprécié les éléments qui rendaient le roman unique malgré ces fameuses similitudes. Là encore, je préfère ne pas citer l’autre œuvre pour ne pas trop en dévoiler, ni sur l’un, ni sur l’autre.

Concernant les personnages, ils ont tous une personnalité propre et cela montre un réel travail de la part de l’auteur qui ne s’est pas contenté d’un copier-coller entre ses personnages. Je me suis attachée à beaucoup d’entre eux, me plongeant ainsi un peu plus dans le roman.

Une fois n’est pas coutume, il est de notoriété publique que seuls les anglophones écrivent de la bit-lit et bien là, sachez que l’auteur est Suisse et francophone, et qu’elle n’a pas à rougir face aux autres auteurs américains. Encore une fois, j’applaudis le travail qu’elle a effectué, j’ai vraiment adoré ce roman. En fin de compte, ce premier tome aurait pu être un coup de cœur si le démarrage n’avait pas été aussi long mais il s’agissait d’un premier tome et mon emploi du temps personnel ne m’a pas permis de profiter de ma lecture donc je ne le blâmerai pas plus que ça. Je suis sûre qu’il sera beaucoup plus réduit dans le deuxième tome.

En résumé, il s’agit donc d’un roman que j’ai adoré. J’ai adoré le style de l’auteur, l’histoire et l’univers de l’héroïne, les personnages, tout. Un excellent roman de bit-lit et sans doute une future série coup de coeur !

Bonne lecture.

  

 

Je lis, je critique : Le jour du chien bleu

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Résumé personnel :

Peggy Sue est une adolescente qui pourrait mener une existence normale si elle ne possédait pas un don particulier, celui de voir les fantômes. Attention, ceux-ci ne sont pas de vrais fantômes au sens « revenants » du terme. Ils ont toujours eu cette apparence-là. Leur objectif dans la vie ? S’amuser, en faisant des « blagues » aux humains. Mais ces blagues consistent en l’organisation de divers accidents souvent mortels… Comme Peggy Sue est la seule personne capable de les voir, ils la détestent et cherchent toujours à lui jouer des tours de manière à la faire passer pour folle. Ainsi, elle se fait très souvent exclure des établissements scolaires. Après une nouvelle exclusion, sa mère décide de partir dans une nouvelle ville. Ils arrivent à Point Bluff, petite bourgade où Peggy Sue commence à se faire des amis. Mais un jour, un étrange soleil bleu apparaît dans le ciel. Quiconque décide de s’exposer à celui-ci se retrouve bleu et doté d’une intelligence supérieure pendant toute une journée, et une journée seulement. En effet, dès le lendemain, non seulement les effets disparaissent mais ils laissent des séquelles. Peggy Sue soupçonne un coup des fantômes mais elle est la seule à pouvoir comprendre le fin mot de toute cette histoire.

Critique :

Voici le premier tome d’une longue série de Serge Brussolo. Serge Brussolo est un auteur de science-fiction pour adultes mais il a décidé, il y a quelques années, de lancer deux séries pour les enfants. Nous avons les Peggy Sue et les Sigrid. J’ai découvert les deux séries lorsque j’étais petite et j’ai eu le plaisir de m’y replonger pour la nouvelle année 2014. Je peux vous assurer que j’ai adoré ce premier tome. J’ai été ravie de retrouver Peggy Sue qui est une jeune fille très touchante dans son rôle de bouc émissaire. En effet, elle a de nombreuses qualités morales mais elle est toujours considérée comme une personne différente et très souvent, elle se retrouve rejetée par tous. Je ne peux pas m’empêcher de la comparer à un personnage de tragédie. En résumé j’ai eu beaucoup d’empathie pour ce personnage sans pour autant la trouver cruche, et ça fait du bien. Les autres personnages sont parfois un peu trop caricaturaux mais ils n’ont pas une place importante dans la série donc cela ne me dérange pas beaucoup.

Concernant l’intrigue en elle-même, j’ai trouvé cela très bien travaillé, de nombreux rebondissements et bien sûr, des scènes d’horreur suffisamment bien tournées pour être tout public. Car oui, il est possible d’écrire pour les enfants sans tomber dans le roman plat et sans saveur. C’est là tout le talent de Serge Brussolo et je l’en remercie grandement. En effet, certains passages sont particulièrement violents et pourtant, du haut de mes dix ans ils sont passés comme une lettre à la poste. Pour cela, l’auteur décrit ces scènes avec suffisamment de détails pour comprendre la situation, l’assimiler à l’histoire mais sans pour autant développement suffisamment ce qui empêche le lecteur de créer de l’empathie ou de l’horreur (et donc d’être potentiellement traumatisé).

Du côté de la plume, nous avons un auteur qui a fait ses preuves en matière d’écriture mais pour un lectorat adulte seulement. Pour ma part, je n’ai pas encore lu ses œuvres pour adultes, mais je compte bien m’y mettre, cependant, je sais qu’il est grandement apprécié par les adeptes de la science-fiction. Tout ce que je peux dire, c’est qu’il a su me faire rêver avec sa plume, il n’y a presque pas de longueurs et surtout, l’écriture n’est pas trop enfantine tout en restant accessible pour le public ciblé. J’ignore s’il convaincra les adultes qui ont tendance à fuir la littérature de jeunesse mais ce roman m’a convaincue et continue de me convaincre.

C’est un point qui me tient à cœur et qui a été repris dans d’autres domaines. Je suis contre l’idée selon laquelle il est possible de commettre des erreurs si le public cible est un enfant. Justement, non, nous sommes en mesure de leur montrer de belles histoires, de belles choses et de leur apprendre à distinguer une œuvre réussie d’un échec total, et je pense qu’il est nécessaire de faire attention à cela. On peut donc dire que les romans qui sont lus à la fois par des enfants et par des adultes sont des romans réussis. Parmi les plus connus nous avons la très célèbre série des Harry Potter . Eh bien je pense que Serge Brussolo a réussi ce pari avec sa série Peggy Sue et les fantômes et je le recommande, aux plus petits, comme aux plus grands.

Bonne lecture.