Je lis, je critique : Mutante

Mutante

Résumé personnel :

Syrine a seize ans et réside à Marseille où elle mène une vie normale, à un détail près. Depuis bientôt un an maintenant, elle a des excroissances douloureuses dans le dos. Ces excroissances sont accompagnées de cauchemars effrayants ainsi que d’une faim étrange. Mais au lieu de parler de tout ceci à ses parents pour trouver une solution à ses problèmes, Syrine décide de ne rien dire, ni à sa famille, ni à ses amis et préfère affronter la situation seule. Son comportement change radicalement et Syrine doit affronter cette nouvelle personnalité aux pulsions sanguinaires qui l’envahit tout en subissant ses excroissances qui attirent le regard des autres ainsi que des douleurs qui deviennent de plus en plus violentes, surtout si on les touche. La quatrième de couverture va plus loin que ça mais je préfère éviter d’en dire plus car la première partie du roman est concentrée principalement sur la vie de Syrine à Marseille et il serait dommage de détailler la suite.

Critique :

Ce roman est le premier tome d’une trilogie écrite par Sophie Dabat, Le Sang des Chimères, qui est publiée chez les Editions du Riez. C’est la première série « bit-lit » publiée chez eux et c’est avant tout ce qui m’a intriguée et m’a poussée à en savoir davantage. Il est à noter que l’illustration a été réalisée par Alexandra V. Bach dont j’apprécie beaucoup le travail.

Plusieurs points ont attiré mon attention, à commencer par l’héroïne de la série, Syrine Kaharib. Ce doit être la première fois que je lis un roman où le personnage principal possède des origines maghrébines. Certes, sa mère est catholique mais son père a quitté le Maroc et est de religion musulmane. Je le mentionne parce que c’est quelque chose d’assez inédit pour moi et très franchement, j’ai trouvé cela très intéressant car c’était une porte ouverte sur un univers réel mais dont j’ignore beaucoup de choses. J’ai bien aimé les références à cette culture grâce aux surnoms ou à la vision de Syrine face à ce métissage. Ses frères ont choisi la religion de leur père mais sa vision à elle reste différente de la leur, même si elle se pose beaucoup de questions à propos de ses croyances, surtout avec ce qu’elle vit en parallèle.

Un autre point qui a attiré mon attention, c’est le parti pris de l’auteur vis à vis du fantastique. Les particularités hors du commun de Syrine ne sont pas une fin en soit mais le début d’un long processus qui va amener Syrine à devenir une personne très différente de ce qu’elle était avant ce récit. L’explication physique de ses excroissances m’ont paru évidentes et pourtant, l’auteur a montré une forme d’originalité car notre vision du monde tel qu’il est réellement dans le roman et son univers se modifie en même temps que celle de l’héroïne. D’ordinaire, l’univers fantastique nous est imposé avec toutes ses règles que nous apprenons au fur et à mesure et les personnes non cartésiennes sont comme elles sont et cela ne pose aucun problème à notre logique qui accepte tout sans aucun problème.

Ici, c’est radicalement différent et bizarrement, cela renforce le côté réaliste du roman malgré l’univers fantastique dans lequel nous sommes plongés. C’est-à-dire que ce qui arrive à Syrine, la manière dont elle le vit, tout ceci reflète plus ou moins nos propres réactions si nous étions à sa place. Lecteurs avertis, nous devinons et acceptons les dimensions fantastiques du roman mais le personnage n’a aucunement cette intention là car il vit dans le monde réel. J’ai déjà vu ce procédé dans d’autres romans mais ici, je le trouve particulièrement important et bien fait, sans doute grâce aux aspects très négatifs de ses transformation, à savoir ses douleurs etc.

En résumé, le scénario du roman rappellera sans doute d’autres œuvres lues ou vues mais dans cet univers où l’originalité et l’inédit devient difficile voire impossible pour un auteur qui décide de respecter certains codes du genre, Sophie Dabat parvient à nous apporter un regard neuf sur l’univers ainsi que de nombreux aspects inédits dans le roman. Mutante n’est pas un coup de cœur mais reste un excellent roman que je vous recommande.

Bonne lecture.

Michiko

 

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2 réflexions sur “Je lis, je critique : Mutante

  1. Un livre qui m’a attiré par sa couverture (elle est sublime !)
    Mais ton avis me donne encore plus envie de le découvrir =)
    Tu as lu la suite ?

    • J’ai lu le deuxième tome, ma critique est au brouillon. J’ai bien aimé, on avance un peu plus dans les explications et ça devient de plus en plus étrange (et loin de ce que j’avais imaginé jusque là) J’ai commencé le tome 3 mais entre temps j’ai dû le lâcher pour bosser du coup je ne l’ai pas repris.

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