Je lis, je critique : Les passerelles célestes


Résumé personnel :

Le roman retrace la vie de Ndali, depuis son enfance jusqu’à sa mort. Ndali est une femme, métisse. Mais dans son village où l’homme blanc n’existait pas encore lorsqu’elle est née, les villageois virent en elle un démon apportant à coup sûr le malheur dans le village. C’est ainsi qu’elle nous raconte son histoire, sa souffrance liée au regard de ses frères et sœurs en proie à la peur face à l’inconnu, son évolution dans un monde qui tend à changer, notamment par l’apparition des Blancs dans ces villages au fin fond de l’Afrique. De part ses expériences, elle nous en apprend beaucoup sur les us et coutumes de ces villages Camerounais où la magie et les croyances sont bien différentes de tous ce que nous connaissons.

Critique :

Le premier mot me venant à l’esprit après avoir lu ce roman est « dur ». En effet, Ndali nous raconte une histoire difficile, où chaque rare moment heureux de sa vie est suivi de très près par un grand malheur. Pourtant elle continue de se battre jusqu’au bout, malgré la peur de ses semblables, malgré sa différence, malgré son calvaire. Cette femme est forte et c’est un exemple de courage à suivre.

On nous parle souvent du racisme des Blancs envers les Noirs, de la stigmatisation mais dans ce livre, le point de vue change. Ce n’est plus l’homme Blanc qui persécute l’homme Noir pour sa différence. C’est l’homme Noir qui persécute une métisse aux yeux verts pour sa différence. C’est tout un peuple aux nombreux dialectes qui découvrent l’inconnu et qui a la plus rationnelle des réactions face à l’inconnu : la peur. Et c’est cette peur qui engendre les réactions souvent extrêmes des personnages face à Ndali ou sa descendance. C’est ce point de vue différent qui m’a le plus intéressé. De plus cela m’a permis d’en apprendre sur ces « Indigènes ». J’ai pu constater la place de la femme, qui malheureusement est très inférieure à l’homme, ainsi que leurs us et coutumes.

Concernant l’écriture et le style du roman, je dirai qu’il était fluide dans l’ensemble et facile à lire bien que certaines ellipses ne sont pas souvent faciles à suivre. Il faut savoir que le Cameroun n’est pas le seul lieu évoqué par l’auteur, la France aussi est un point important dans la vie d’un des membres de la famille de Ndali. Les époques aussi changent car il ne faut pas oublier que Ndali a vécu presque un siècle. Les éléments spatiotemporels divergent au fil des pages avec des retours en arrière notamment lorsque l’histoire ne se focalise plus sur le même personnage mais on s’adapte rapidement à ces changements. Je remarque cependant des petites coquilles dans le livre, ce qui n’est pas très gênant puisque lorsqu’on commence cette histoire, il est difficile de lâcher le livre tant on est prit dans le récit de Ndali, pour qui la compassion et l’émotion sont des sentiments qui se révèlent lors de la lecture du roman.

Enfin, je conseille ce livre à des lecteurs plutôt adultes notamment à cause de la dureté de certains passages. Je le conseille également aux lecteurs de livres historiques en soulignant qu’il faut garder un esprit ouvert et tolérant puisque leur culture intègre des croyances inédites et pas évidentes à comprendre. Pour ma part, je n’avais pas l’habitude de lire des romans de ce genre mais ce roman qui au final a un côté fantastique (lié à certaines de leurs croyances par exemple), pouvant plaire aussi à des lecteurs du genre fantastique, est une agréable découverte littéraire m’ouvrant de nouvelles portes. Je tiens à préciser que certains passages sont un peu « crus » mais pas non plus au point de le censurer. L’auteur nous a plongés dans l’univers des peuples camerounais mais il n’est pas purement scolaire puisqu’une partie de l’intrigue se déroule dans un univers parallèle rendant cette histoire plus inattendue. En effet, il y a une longue séquence qui parle de l’existence d’étoiles magiques, du Bien et du Mal, de magie, de projection astrale etc. En plein milieu d’une histoire des plus réalistes et sans réelle magie (seulement de fausses croyances, réfutables), cela est plutôt déroutant mais plaisant pour les lecteurs de fantastique. Personnellement, les seules choses qui m’amènent à me poser des questions sont l’aspect des démons dont le physique est parfois difficile à imaginer et certains noms que j’ai trouvés plutôt infantiles. Mais même si l’histoire est plutôt étrange et surtout bien différente des croyances qu’on a pu nous enseigner, les grandes lignes demeurent les mêmes mais sous un aspect à des lieues de ce que nous connaissions jusqu’alors. C’est d’après moi une expérience enrichissante que je vous invite à découvrir.

Je remercie les Éditions Kyklos et le forum Accros & Mordus de Lecture de m’avoir permis de découvrir cet ouvrage qui me marquera à jamais.

Bonne lecture.

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6 réflexions sur “Je lis, je critique : Les passerelles célestes

  1. Joli blog Michiko !
    Bizarrement ce partenariat ne m’avait pas vraiment tenté mais ta critique vient de me faire changer d’avis.

    • Merci la puce pour ton commentaire.
      Pour le style, c’est à mon amoureux qu’il faut le dire (il l’a lu et te remercie d’ailleurs)
      Bisous

  2. Je ne suis pas très roman historique, mais tu as su me donner envie de lire ce bouquin, alors bravo pour ta critique!
    J’attends avec impatience de nouvelles critiques, histoire de savoir quoi acheter pour cet été 😉

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